Bocoum Rama a été classée parmi « les 35 jeunes qui font bouger l’espace francophone en 2017». Elle a accepté de partager avec This Is Africa son expérience.

Vous avez créé Adaa Ada en 2015. Racontez-vous, comment est né ce projet

Rama Bocoum : L’aventure Adaa Ada a officiellement commencé en Février 2015. L’idée de la marque m’est venue lorsque j’étais revenue au naturel en 2013. J’étais en France et je créais mes propres produits. J’avais de très beaux cheveux et lorsque je suis partie en Septembre 2014 rendre visite à mes parents à Djibouti, ils m’ont poussé à écrire le projet. Mais ce n’est que lorsque je suis rentrée au Sénégal que je m’y suis mise sérieusement.

En Février 2015 a été lancé le premier produit, la crème capillaire à base de beurre de mangue et d’huile d’hibiscus et depuis lors, l’aventure ne fait que continuer.

De février 2015 à Juillet 2016 nous avons créé huit produits, élargissant ainsi notre gamme capillaire. Nous avons créé une gamme mangue/hibiscus  avec un shampoing, un après shampoing, un bain d’huile et un masque.

Plus tard, nous avons conçu le lait aux feuilles de baobab, une lotion mentholée et  un démêlant au gombo.

Combien de personnes travaillent pour Adaa Ada ? Combien d’unités vendez-vous chaque année ?

Rama Bocoum :  Nous sommes cinq personnes à travailler sur la création, la production, le conditionnement et la vente des produits.

Actuellement nous rendons huit cent produits mensuellement.

Le marché des cheveux est très compétitif. Comment faites-vous pour faire connaitre vos produits et battre la concurrence ?

Bocoum
Un gamme des produits Adaa Ada de Ramatoulaye Bocoum,

Rama Bocoum : Nous sommes les premiers au Sénégal à utiliser les produits de la nature tels que l’hibiscus, le gombo, les feuilles de baobab dans la composition de nos produits capillaires. Depuis quelques temps, nous voyons des entreprises utiliser les mêmes produits que les nôtres afin de créer leurs lignes capillaires.

Nous maintenons notre leadership en innovant par la recherche et en nous entourant de professionnels en la matière afin de trouver la bonne matière première disponible sur nos terres et qui répondront à nos besoins capillaires. Nous comptons énormément sur l’innovation.

Les réseaux sociaux jouent un rôle très important dans notre communication mais nous participons également à des concours, des formations, des conférences afin de faire mieux connaitre notre marque.

Est-ce que vous estimez avoir réussi dans votre projet ?  Quels sont les clés de la réussite pour la réussite d’Adaa Ada ? Senegal

 Rama Bocoum: Oui vu que le but de la marque qui est de promouvoir nos richesses naturelles à travers des produits capillaires est connu de notre marché et que nous sommes une référence des produits capillaires naturels au Sénégal. Cependant, nous maintenons cette bonne qualité de travail et cette recherche perpétuelle « du bon produit » afin de maintenir la réussite d’Adaa Ada.

Comment vous imaginez Adaa Ada dans 5 ou 10 ans ?

Rama Bocoum : Nous nous voyons dans un futur proche avec une unité de production afin d’augmenter notre capacité de production. Nous souhaitons travailler d’avantages avec les femmes et jeunes filles afin de créer avec elles, la matière première nécessaire aux produits, ainsi créer des emplois

Quels conseils pouvez-vous donner aux autres Africains qui veulent créer des projets innovants ?

 Rama Bocoum: Je dirai « qui veulent créer des projets tout court ». Faut pas attendre d’avoir la certitude que nous allons nous faire des millions pour lancer un projet. Un projet débute avec un rêve et on le concrétise avec les moyens que nous avons, aussi minimes soient-ils. Notre détermination vaut plus que des millions de CFA. Faut aller au-delà  du rêve et oser réaliser le projet, qu’importe le résultat qu’on en tirera, bon ou mauvais, parce que dans tous les cas, on gagne en expérience.