Le gouvernement ougandais a mis en place ce lundi un comité de contrôle de la pornographie. Le rôle de ce Comité de 9 personnes sera d’ «appréhender » et « poursuivre » ceux qui s’adonnent à la pornographie. Il sera aussi chargé de détruire les objets pornographiques, avec l’aide de la police et de sensibiliser et éduquer la population sur les dangers de la pornographie

Le gouvernement a aussi commandé une machine de détection de la pornographie coûtant 88 000 dollars qui pourra détecter et supprimer le matériel pornographique sur les ordinateurs et les téléphones portables.

Le ministre chargé de l’Ethique et de l’Intégrité, le révérend Simon Lokodo, a qualifié la pornographie comme « l’une des maladies les plus mortelles de ce pays ».

« L’affichage, la vente et la diffusion d’images pornographiques dans les médias imprimés et électroniques est l’une des principales raisons pour lesquelles nous avons  des cas accrus d’abus de drogues chez les jeunes, les incestes, les grossesses chez les adolescentes et l’avortement, l’homosexualité et le lesbianisme », a dit Lokodo dans un communiqué, cité par le journal The Observer.

« Je suis également amené à savoir que la majorité des employés de bureau passent une grande partie de leur temps à télécharger et à regarder du matériel pornographique. C’est une autre confirmation que la pornographie érode maintenant les ressources humaines de l’Ouganda ».

Doutes sur les priorités

Pour certains Ougandais sur Twitter, de telles mesures sont une diversion du gouvernement pour cacher son incapacité à régler les vrais problèmes, tels que le chômage, l’accès à l’éducation ou à la santé.

« Chère Ouganda. Qu’est-ce qui est si terrible à propos de la pornographie pour qu’une machine porno soit plus urgente qu’une éducation ou des soins de santé décents? », s’est écrié un Twitto.

« Le plus grand problème de l’Ouganda n’est jamais la pornographie, ce n’est pas la cause des mauvaises routes,  hôpitaux, écoles et de tous les biens publics dans leur ensemble », pense un autre.

En février, Google Index révélait que l’Ouganda est le deuxième pays le plus consommateur de la pornographie en Afrique, après le Nigeria