Le député Béninois Nazaire Sado a déposé en juillet une proposition de loi « portant interdiction des cérémonies ruineuses et répression des dépenses excessives lors des cérémonies familiales au Bénin ».

La proposition stipule que « le montant total des dépenses en denrées, boissons et services de toute nature (…) ne peut être supérieur à six cent mille (600 000) francs CFA (environ 900 euros » pour les mariages. Pour les funérailles, le plafond est fixé à 500 000 F CFA (environ 760 euros).

Celui qui dirige le Parti pour la mobilisation et l’avenir veut aussi interdire la consommation des boissons alcoolisés qui entrainent beaucoup de dépenses inutiles  au cours de ces cérémonies.

« Tout rassemblement ayant pour effet des réjouissances ou des manifestations fastueuses ou exhibitionnistes  à cette occasion est interdit », lit-on aussi dans la proposition.

Si cette loi est adoptée, la conservation des corps à la morgue avant leur enterrement ne pourra pas « excéder 8 jours  » alors qu’habituellement les corps pouvaient y passer plusieurs mois.

Ceux qui violeront cette loi seront punis d’une amende allant de cent mille francs à un million de francs CFA et d’un emprisonnement d’un mois à six mois.

Dépenser pour sauver les vivants, pas pour les morts

Ce qui a motivé cette proposition est que « la grande préoccupation est celle des dépenses liées aux funérailles au détriment des frais pour traiter les malades. Alors que le malade pourrait peut-être vivre  s’il  bénéficiait du  soutien  matériel de  son  entourage pour  ses traitements ou pour une hospitalisation », explique M. Sado. Le député pense aussi les riches profitent de ces cérémonies pour exhiber leurs richesses, et il veut mettre fin à cette pratique.

Cette initiative est différemment accueillie par les Béninois. Alors que les uns l’applaudissent, d’autres considèrent qu’elle viole les libertés individuelles. « Chacun est libre de disposer de ses biens à sa guise… On n’est pas en Corée du Nord. Comment veut-il contrôler combien chacun dépense pour ses cérémonies ? Réfléchissez à comment créer des emplois, c’est plus constructif », s’est indigné un internaute sur Facebook.

La proposition devrait être discutée au Parlement au mois d’octobre.