Patou, depuis quand as-tu découvert que tu es un homosexuel? Et comment as-tu réagi à cela?

Depuis que je suis conscient de moi-même, je me suis toujours senti différent. Très tôt, j’ai remarqué que les personnages mâles ne me laissaient pas indifférent.

A la puberté, âge où la libido fait son entrée et où l’on a tendance à vouloir découvrir l’autre sexe, moi j’ai plutôt constaté que les formes masculines me faisaient fantasmer.

C’était étrange pour moi et je me disais alors que certainement  au moment opportun, je ressentirais ce que les autres garçons de mon âge ressentaient déjà pour les filles. Evidemment, cela n’est jamais arrivé.

Mais pendant tout ce temps, je ne m’étais  jamais encore considéré comme homosexuel. Refuser d’accepter mon orientation sexuelle était très néfaste pour moi. Sans entrer dans les détails,  me stigmatiser parce que je fonctionnais différemment, m’avait rendu dépressif.

Tout a radicalement changé quand je l’ai accepté. C’était aux environs de l’âge de 18 ans et cela a fait de moi un jeune épanoui mentalement.

Ça avait été quoi, la réaction de ta famille? Ont-ils essayé de t’imposer une orientation sexuelle? Comment sont vos relations actuellement ?

 Je le leur cachais au début. La famille n’a été au courant qu’à mes 25 ans. C’était un moment particulièrement dur pour moi, car c’est une autre personne qui le leur avait révélé. J’ai n’avais fait que confirmer quand on m’avait posé directement la question.

Tu  sais quand tu grandis avec la pensée que quoi qu’il arrive ta famille sera toujours là pour toi et que du coup, face à une révélation sur des faits qui font partie de ta personne, cette même famille te rejette, ça désarme.

A ce jour, je n’ai jamais vécu une situation qui m’ait autant fait mal que le rejet de ma famille. Au moment où je te parle, j’en garde encore des séquelles. On pardonne certes, mais on n’oublie pas !

Une de mes sœurs, me dit même qu’elle aurait préféré avoir un frère criminel, qu’un frère homosexuel. Mon père me dit qu’il ne voulait pas d’un fils homosexuel et refusa de financer mes études un moment…

Il me donna un ultimatum de 2 jours pour redevenir hétérosexuel, comme si je l’avais même  déjà  été un jour,  et que ça pouvait se changer.  Ce jour-là, j’ai compris que je n’avais que moi, pour m’aimer tel que je suis.

Ma mère, malgré son choc et son refus de comprendre, m’a toujours rappelé qu’elle m’aimait. Et que ça ne changerait jamais. Mon jeune frère et mes petites sœurs, m’ont montré que ça ne changeait rien pour eux. J’étais toujours leur grand frère adoré.

Avec les années, les relations avec mon père particulièrement se dégradaient d’avantage. Nous avons essayé de nous entendre, mais la cohabitation devenait impossible.  J’ai donc décidé de quitter le berceau familial.

Depuis, mes rapports avec la famille se sont améliorés. Nous avons encore beaucoup à faire, on essaie de ne pas trop nager sur nos discordes.

C’est pour cela, que j’en parle peu… Je ne veux pas gratter là où ça fait mal. La famille parfaite, n’existe pas, mais la mienne je l’aime. J’aime chaque personne qui la compose, mon père y compris, malgré nos désaccords.

Comment a commencé l’aventure Jeunialissime? Et qu’est-ce que vous faites réellement?

Depuis 2011, juste après mon coming-out, je me sentais beaucoup plus libre et beaucoup plus en harmonie avec moi-même, malgré les situations blessantes et stressantes que je vivais.

Pour une fois, dans la vie, je n’avais plus besoin de faire semblant d’être quelqu’un que je ne suis pas.  Waouh, je ne mâche pas mes mots: « C’était libérateur. »

Vu que les personnes que je craignais les plus savaient (sa famille), pourquoi devrait perdre mon temps à chercher l’approbation des inconnus?

J’ai pris l’initiative d’informer tout mon entourage que j’étais gay. Celui qui n’était pas d’accord avec ça n’avait qu’à ne plus me fréquenter, ainsi je ne restais qu’avec des gens qui m’aidaient à construire mon équilibre grâce à leur ouverture d’esprit.

Oui! Beaucoup sont partis. Et je me suis constitué un nouvel entourage, parfait pour mon bien être.

Oui! J’avais compris que j’étais le seul artisan de mon bonheur. Pas les autres, pas les amis, pas la famille, mais moi tout seul. J’avais le choix d’être heureux, et je l’ai choisi de tout mon moi. Au diable les réflexions sans intérêt des tierces personnes.

Oui, m’accepter, c’est à prendre ou à laisser. Dans tous les cas je ne perds rien. Car je suis mon propre faiseur de bonheur.

Un jour, en chemin, je fis la rencontre d’un garçon efféminé. Les passants se moquaient de lui. Je n’en suis pas fier je l’avoue, mais il était tellement efféminé que faire route avec lui est un supplice pour moi.

Quand on s’est séparé, je me suis dit, pourquoi j’ai tellement honte de le fréquenter? Je me suis rendu compte que moi-même, j’avais des préjugés. J’ai décidé de travailler sur ça.

J’ai commencé à fréquenter intensivement la communauté gay et j’ai découvert une communauté des humains hyper préjugés. La quasi-totalité de ce qu’on raconte de cette communauté est soit fausse, soit non applicable à toute une communauté.

Je ne supportais plus entendre une personne médire sur les gays gratuitement. Je ne pouvais plus rester passif. Il fallait que je fasse quelque chose.

L’idée de crée Jeunialissime est venu d’un cadeau que mon compagnons m’avait fait. Il avait fait un design d’une ‘affiche faux d’un magazine gay fictif. Et je me suis dit: «Pourquoi ne pas le réaliser pour de vrai? »

Le 2 décembre 2012, j’ai réunie des jeunes gays grâce à la magie du net, pour créer ce qui, avant était un groupe de jeunes désireux de changer la conception populaire de l’homosexualité, est devenu Jeunialissime une association des jeunes qui œuvrent pour le vivre ensemble.

Ce que l’on fait réellement c’est engager la conversation pour faire évoluer les mentalités.

Ceci se traduit par:

  • Les multiples débats et ciné-débat que nous organisons avec la communauté LGBT pour favoriser leur épanouissement.
  • La soirée cupidon, un cadre propice pour déconstruire les mythes et aussi et surtout pour donner aux LGBT un cadre safe où ils peuvent être eux-mêmes. C’est le cadre où nous dénichons des membres de la communauté qui suivront une formation pendant une année, de sorte à être capable d’agir pour leur communauté. Des activistes indépendants.
  • Des ateliers de plaidoyer avec les acteurs de la société civile. (Juriste, médecins, journaliste, personnalités, etc…)
  • Une émission radio et un podcast Jeuniafrica, qui s’adresse à tout le monde et exploite les questions de droit humains et LGBT.
  • Des forums de discussion à travers les réseaux sociaux.
  • Le moonlight un camping éducatif etc.

Nous travaillons aussi en synergie avec d’autres associations.

Comment les Congolais considèrent-ils les homosexuels?  Vos émissions aident-elles à un peu changer les choses?

Beaucoup de personnes se limitent à ce qu’elles entendent de l’homosexualité sans creuser davantage. Je suis dans un pays majoritairement chrétien. Et les chefs religieux ont beaucoup contribué à la stigmatisation des homosexuels, en enseignant aux que les homosexuel sont des sorciers, des personnes envoûtées, des gens plongés dans des pratiques mystiques. Du coup, ces affirmations deviennent des vérités pour la personne lambda.

D’autre part, il y a cette pensée très nourrie par les médias, qui insinue  que l’homosexualité est une importation occidentale, qu’elle sera à long terme source de destruction de l’espèce humaine, parce qu’elle sera contagieuse etc. Toutes ces absurdités, sont malheureusement prises pour des vérités dans l’intellect du congolais lambda.

Mais c’est stupéfiant de réaliser combien, juste engager la conversation peut faire la différence. Nous avons beaucoup de témoignages de personnes qui ont changé leur discours face aux homosexuels. Le témoignage le plus émouvant que nous avons eu cette année, est celui d’un garçon qui regrettait toutes les fois qu’il a maltraité son jeune frère parce qu’il était homosexuel.

Réalises-tu que juste une émission peut produire ce type de réaction positive !

Quand nos émissions  peuvent changer au moins une personne, c’est déjà encourageant. Car cette unique personne qui change sa façon d’agir, aide par ricochet beaucoup d’autres personnes.

Vivre son homosexualité c’est souvent vivre caché en Afrique. Toi, d’où trouves-tu le courage de t’afficher sur les réseaux sociaux?

Il y a beaucoup de réponses, mais je pense que c’est en grande partie dû à ma nature.

Tu sais, on s’est moqué de moi tellement de fois dans le passé. Pas pour de raisons d’homosexualité.

J’ai été un enfant intègre à bien des égards. Je disais la vérité même quand c’était néfaste pour moi. À cause de ça, je ne sais combien de fois je me suis fait traité de Yuma (Loser en Lingala).

Adolescent, j’entendais les garçons de mon âge, se moquer de moi derrière mon dos, parce que je ne draguais pas les filles, parce que j’étais intello, parce je pouvais venir à l’école avec un pantalon sale et ça ne me disait rien du tout, parce que j’étais nul en gymnastique, parce que j’avais des idées plein la tête, un rêveur etc.

C’est chez le Yuma, qu’on venait demander des réponses quand l’interro du prof de math était incompréhensible. C’est le Yuma, qui avait la solution à tous les problèmes  informatiques.

Ça ne me dérangeait pas, parce que je savais très tôt, que je n’étais pas ce que les autres disaient que j’étais. Je suis ce que je dis que je suis.

La vérité était que j’étais intelligent et très inventif, et par-dessus tout, j’étais indispensable pour eux. J’étais la rivière. Tu sais, on peut se croire fort parce qu’on a volé à la rivière tout un bidon d’eau. La réalité est que, parce qu’on est stérile, quand le bidon sera vide, en retournera toujours vers la rivière.

Pour le nombre de voir qu’on retournera voler à la rivière son eau, on sera tenté de dire que la rivière est Yuma. La vérité est que la rivière n’a pas besoin de ce rien du tout de quantité d’eau qu’on lui vole. Elle est la main qui donne.

Pour mon cas, je me disais que j’étais généreux. Car il me suffisait de refuser, pour que le garçon stylé de la salle me berce de supplications. Oh, comme j’aimais bien ces moments-là.

Quand j’ai fait mon coming out, plus rien ne pouvait m’empêcher à aspirer à l’existence que je souhaite pour moi-même.

Je ne suis pas chrétien et je ne crois pas à la vie après la mort. La mort, c’est la fin.

Je ne vais pas prendre mon unique vie et en faire l’affaire de plaisir des gens qui au fond n’en ont rien à foutre de Moi ! C’est leur donner trop d’importance.

Mon unique vie, elle est à moi et je la vivrai comme je l’entends. Les avis et réflexions, je m’en fiche.

Je peux mourir n’importe quand. C’est peut-être demain que je mourrai, alors pourquoi gaspiller ma précieuse vie?

Mon bonheur, c’est tout de suite et maintenant. Ce que les autres en pensent ne m’intéresse pas. Qu’ils appliquent leurs réflexions dans leurs propres vies.

Lutter pour les LGBT, c’est pas obligatoire pour moi. C’est un choix. C’est surtout pour que les futurs bébés gays qui viendront bien après ma mort, puissent vivre dans un monde où il n’auront plus besoin d’oser pour être eux-mêmes.

Ma cause va au-delà des LGBT. Je travaille pour que l’humain, pour que l’individu et non la masse, puisse jouir de son corps, de sa vie comme il l’entend, sans porter préjudice à l’intégrité corporelle et morale d’autrui.

La nature est belle et magnifique, parce qu’elle est faite de différences.  L’imperfection est la vraie perfection, parce qu’elle ouvre la porte à la remise en question, qui est elle-même le moteur du changement.

À quoi ça sert une société, où tout le monde pense pareille et agis de la même façon. Où est l’humanité dans ça?

Voilà, je m’affiche dans les réseaux sociaux comme homosexuel parce que je le veux. J’arrêterai quand je le souhaiterai. Ça sera ma décision et non une imposition de qui que ce soit.

Quelle est ta lutte pour le moment?  Tolérance et protection des homos ou vous pensez déjà à légaliser le mariage gays?

Pour le moment, je lutte pour que la communauté LGBT réalise que c’est elle même qui peut revendiquer ces droits. Ce sont des droits légitimes parce que les LGBT ne sont pas moins humains que les autres.

Il n’y a donc pas de raison pour leur compliquer l’accès à la santé, au travail, à la sécurité, à la parentalité, au mariage, à la visibilité, à l’association, à la revendication, au plaisir, à l’information, à la liberté d’expression, au logement, à la politique, à l’éducation, à la paix, à l’exercice de leur citoyenneté.

C’est insensé de réduire les droits d’un adulte en fonction de ce qu’il fait dans sa chambre avec un autre adulte consentant.

C’est insensé de réduire les droits de quelqu’un parce qu’il refuse de porter un pantalon à la place d’une jupe.

Donner l’accès aux droit d’un homosexuel, ne réduit pas les droit d’un hétéro.

Si une lesbienne a trouvé le bonheur avec une autre femme, ça ne limite en rien la possibilité d’une straight (hétérosexuelle ndlr) de trouver le bonheur avec un homme.

Pourquoi il ne devrait y avoir que la mention M et F sur les cartes d’identité? Et l’intersexué qui n’est ni femme, ni homme pour devrait-il avoir une carte d’identité qui ne l’identifie pas?

Non, la RDC, c’est mon pays, que j’aime. Oui, le pays du gays que je suis. Ça doit être l’endroit au monde où je suis le plus heureux et le plus épanoui.

Je lutte pour que ce pays soit, l’endroit où tout Congolais, qui qu’il soit,  hétéro ou gays, cis-genre ou transgenre, femme, homme ou encore intersexué, muluba (peuple du Kasai) ou  ndundu (albinos en lingala), travailleur de sexe ou vendeur de braise, métis ou noir, etc. puisse être épanouis avec les mêmes chances.

Je ne suis pas moins Congolais que les autres Congolais qui lisent cet entretien sur This is Africa maintenant.

Avec mes rêves plein la tête, j’ose. L’essentiel ce n’est pas d’arriver, c’est d’avancer, encore et encore  avec un objectif.

Le plaisir de gravir une montagne, ce n’est pas d’atteindre le sommet. C’est  la gravir, parce qu’après il n’y a plus rien.

Patou,  peux-tu nous expliquer pourquoi dans le mental des congolais, parlant d’homosexuel, le lesbienne passe mieux que le gay?

C’est bien spécifique de dire les Congolais, et les Congolaise alors?

Je sais que tu penses au fantasme de certains hommes. Deux femmes qui s’embrassent et un homme qui domine avec elles. Quoi de plus stimulant n’est-ce pas?

Ça l’est beaucoup moins quand les deux objets sexuels refusent d’associer le tout puissant homme à leur jeu sexuel. Là on commence à avoir d’autres parce que ce sont des femmes, des sous-humaines au service du tout puissant homme.

Pour une femme straight, deux femmes qui s’embrassent n’a rien de très sexy crois-moi. Ça doit être horrible deux hommes qui s’embrassent pour elle aussi. Elle sera comme: « Oh quel gâchis, tous ces muscles sur mon corps de femme, ce serait plus torride ! »

Donc non,  lesbienne ça ne passe mieux que pédé sinon tu trouverais beaucoup plus de lesbiennes qui s’affichent.

T’es-tu déjà posé la question de savoir pourquoi les gays sont plus revendicateurs que les lesbiennes?

C’est parce que lesbiennes sont des femmes? Non, mais elles ont aussi des séquelles de l’éducation paternalistes. : « La pauvre femme, qui ne peut pas quitter la maison de papa et maman, même si elle travaille et peut s’auto-suffire. Simplement, parce qu’elle n’est pas encore mariée ! Il vaut  qu’elle se marie d’abord pour que l’époux prenne la place de Papa et Maman. »

Je ne me moque pas de la femme et encore moins des lesbiennes, mais c’est cela la réflexion chez nous.

Je dénonce par contre cette vision réductrice de la femme. Elle est profondément ancrée dans  nos mentalités. Et elle influe grandement sur nos perceptions. Et dans bien des égards aliment nos phobies et nos refus d’ouverture à la remise en question.

Les conditions d’un homosexuel à l’intérieur du pays sont différentes de celles de celui de la capitale, comment pensez-vous les aider ?

Oui, c’est vrai que Kinshasa est une ville ouverte quand même. En tout cas, beaucoup plus qu’à l’intérieur du pays.

Il y a encore du chemin à faire même à Kinshasa et heureusement que dans les grandes villes il y a des gens comme nous qui font ce qu’ils peuvent  dans la mesure de leur possible.

Heureusement Internet n’a pas de frontière, les actions dans les réseaux sociaux ne se limitent pas qu’à Kinshasa.

Nous avançons en fonction de nos capacités, mais une fédération des efforts s’avère être nécessaire. Nous tentons de le faire tant bien que mal.

Le fait que tu sois un homosexuel est-il un handicap pour ta profession?

Pas du tout, au contraire elle m’a rendu plus empathique. C’est important quand on fait mon travail

Si tu étais président de la RDC, que ferais tu en premier pour la communauté LGBTQIA congolaise.

Si j’étais président, je voudrais d’abord féliciter l’entreprenariat pour les jeunes, en banalisant l’accès à internet et l’utilisation de la monnaie électronique. La Jeunesse étouffe…

Mais ta question est portée sur les LGBTIQIA.

Je pense qu’il est urgent d’agir sur la famille. Beaucoup de jeunes sont rejeté par leurs familles, beaucoup de parent sont dépressifs, beaucoup de familles sont instables parce qu’elles ne comprennent pas la question Queer (LGBTQIA).

Je pense qu’il est primordial de créer des centres d’accueil pour ces jeunes rejetés, où ils pourront avoir l’opportunité de se reconstruire et de se débrouiller dans la société. Ces centres pourraient être des espaces favorables pour une assistance psychologique, qui aiderait à rééquilibrer la famille.

Lorsqu’un enfant est homosexuel, il l’est, mais ses parents le vivent très mal. Ils ont besoin d’être accompagnés eux aussi  et d’être aidés pour recréer une dynamique meilleur entre eux et leur enfants.

Quand la famille va bien, ça a un impact positif sur toute la société.

Retrouvez sur le web :

Tel que je suis, une chanson qui exprime le ressentie quand il a décidé de

quitter la famille : https://soundcloud.com/scalykepna/tel-que-je-suis

La prière d’une mère, illustre l’amour qui unie ma mère et moi, malgré que les perceptions de la société nous oppose : https://soundcloud.com/scalykepna/tel-que-je-suis

Et la biographie de Patou : https://goo.gl/FhyJ3g