Sur invitation de quelques activistes du Bénin, un groupe restreint d’acteurs de la société civile ouest-africaine séjourne depuis quelques jours à Lomé pour préparer un « Forum citoyen sur les transitions démocratiques dans l’espace CEDEAO », devant se tenir prochainement dans la capitale togolaise.

« Placé sous le haut parrainage de SEM Faure Gnassingbé, Président de la république du Togo, Président en exercice de la CEDEAO », ce forum veut, officiellement, « contribuer à des transitions démocratiques apaisées et porteuses d’espoir pour les populations, les acteurs politiques avec l’appui de la société civile doivent s’accepter mutuellement et parler entre eux pour parvenir à un consensus ».

Les initiateurs du forum précisent le contexte de leur démarche : « Il intervient à un moment où le Togo, qui assume la présidence de la CEDEAO, traverse aujourd’hui une phase de transition démocratique assez critique, avec des turbulences et perturbations inquiétantes pour la  paix et la stabilité en Afrique de l’Ouest ».

Ledit projet devra déboucher sur « la mise en place d’une Task force citoyenne de médiation pour la paix et la démocratie répond à un double besoin, d’une part d’implication active des acteurs de la société civile dans la médiation politique pour des transitions démocratiques consensuelles et porteuses de progrès social, et d’autre part d’anticipation citoyenne pour la prévention des crises ».

« Il s’agit à présent de partir d’une rencontre citoyenne de haut niveau pour mettre en place une task force citoyenne de médiation  pour la paix et la démocratie en Afrique de l’ouest » et « lancer un appel pour la paix au Togo ».

« En appui à cet appel, les initiateurs entreprendront une série d’actions visant à restaurer la confiance et le dialogue entre les acteurs politiques togolais », complète un document sur le projet de forum.

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Un projet de forum qui risque de soulever des réactions

Si, à première vue, ce projet peut paraître vertueux, il n’est pas sûr que sa pertinence et son caractère désintéressé soient évidents aux yeux des Togolais qui, blasés par les multiples dilatoires du pouvoir face aux revendications de l’opposition et des corps constitués, ne semblent plus disposés à un quelconque dialogue. Le seul dialogue qui vaille à ce jour est celui relatif aux conditions de départ de Faure Gnassingbé a plusieurs répété Jean-Pierre Fabre chef de file de l’opposition, leader de la contestation.

Au demeurant, un « forum pour la paix » parrainé par le régime de Faure Gnassingbé contesté par les Togolais risque en outre de ressembler à un récent « concert touche pas à la paix », financé à coup de millions par le pouvoir de Lomé et organisé le 1er septembre dernier à Lomé avec des stars africaines dont Fally Ipupa, Masta Just (du groupe Too Fan) et d’autres. Ce concert avait provoqué de vives réactions au sein de l’opinion qui n’a pas manqué d’accuser ces artistes de se mettre au service du « diable ». Et de contribuer à la dilapidation des deniers publics du Togo.

Et déjà, à Lomé, ça commence par murmurer à ce propos et le nom d’une jeune femme politique béninoise désormais très introduite dans l’entourage immédiat de Faure Gnassingbé est cité comme « le cerveau » derrière la manœuvre qui serait destinée à sauver, non pas une quelconque paix, mais la face régime désavoué.