Nous l’appelerons Sandra Diagne.  Elle est étudiante en première année à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, et la période de règles lui est insupportable.« Un jour avant, je suis hyper nerveuse. Cela me donne une mauvaise humeur qui fait que je déteste tout le monde. Je n’ai pas envie de parler pendant ces règles douloureuses », dit-elle. Mais son mode de vie ne change pas car, dit-elle, la jeune fille utilise de bonnes serviettes hygiéniques absorbantes.

Nabou (pseudo), plus agée, 36 ans, ne s’habitue toujours pas à la période mensuelle. Comme beaucoup de femmes ou jeunes filles, la correspondante d’une chaine gabonaise à Dakar sent les mêmes signes notamment des maux de bas ventre et des crampes au niveau des jambes. «Je sens des douleurs intenses qui me poussent  à prendre des médicaments  comme l’hybip rofène ou anatadiss. Avec des sauts d’humeur, je m’énerve vite sans compter mes nuits blanches. Durant ma période de mes règles je change de mode vestimentaire. Le plus souvent je mets des tenues de couleurs noires de peur de tâcher mes vêtements, » nous explique-t-elle.

« Je suis obligée de porter un slip »

« Elles s’annoncent par une douleur de mes seins et j’ai l’impression qu’ils pèsent une tonne. En plus, il y a un durcissement des mamelons  qui sont intouchables  en cette période » confie Charlotte, professionnelle de la communication à Abidjan. «Heureusement je n’ai que deux jours de douleur avec l’aide des médicaments. Mais cela change ma méthode  d’habillement et je suis obligée de porter un slip. C’est ce que je déteste et je ne peux pas porter certaines couleurs », conclut-t-elle.

Éveline Yepi, elle, n’aime pas parler de cette période super stressante. « Moi une semaine avant l’es règles, je commence à stresser. Je n’ai aucune envie de sortir de ma chambre ni aller au boulot parce que je ne veux pas que les collègues sachent je suis en période. Même si je suis d’humeur massacrante, je mange comme un ogre surtout les sucreries », confie-t-elle en riant.

Mami, elle non plus, n’échappe pas à ces périodes de douleurs et d’énervements. « Au-delà des crampes de jambes, je me soucie de mon accoutrement. Les habits sombres sont privilégiés et je surveille mes arrières. Dans mon sac, je garde aussi des tampons », explique cette jeune fille élancée au teint noir-ébène. Mais cette enseignante est une exception exception: « Je ne ressens aucune douleur du début à la fin. Je ne me stresse pas avec les règles. Néanmoins, je ne suis pas à l’aise avec la serviette hygiénique en moi », se réjouit-t-elle.

Ce qu’en pense le Gynécologue

L’endométriose (Crédit Photo: docteurtamalou.net)

De l’avis du docteur gynécologue Abdoulaye Diop, il y a plusieurs types de règles selon l’ancienneté ou la durée des douleurs. Les règles douloureuses peuvent aussi survenir juste durant le 1er ou le 2ème jour des règles ou perdurer pendant toute la période des règles.

La dysménorrhée primaire correspond à une douleur récurrente de type crampe. Elle se manifeste lors des règles et ce, en l’absence d’un problème de santé sous-jacent qui pourrait en être la cause. La dysménorrhée secondaire, quant à elle, se définit par une douleur menstruelle reliée à un problème de santé identifiable, par exemple l’endométriose.

Mais comment traiter ces règles ? « Le principe sera de commencer à prendre les médicaments avant l’arrivée de la douleur. Au bout de quelques années, il faudra changer de médicament car il deviendra moins efficace. Parfois des injections sont nécessaires pour venir à bout de la douleur », dit Dr. Diop.