Muhammed Lamin Saidy (Gambien), Chantal Naré (Burkinabè), et Rokhaya Dieye (Sénégalaise) du Mouvement panafricain « Africans Rising for Justice, Peace and Dignity » ont été interpellés à Lomé, au Togo, tard dans la nuit de jeudi 13 à vendredi 14 octobre 2017.

Arrivés au Togo lundi 09 octobre 2017 dans le cadre d’une « mission de solidarité » à l’égard du peuple togolais, ces trois activistes ont rencontré lors de leur séjour plusieurs acteurs de la société civile et des citoyens ordinaires à Lomé, la capitale et dans des villes de l’intérieur du pays comme Sokodé et Bafilo, deux villes où la mobilisation, ces dernières semaines, contre le pouvoir de Faure Gnassingbé a été des plus grandes.

La délégation de ‘Africans Rising’ a aussi rencontré des acteurs politiques dont le ministre en charge de la Communication et de la formation civique Guy Madjé Lorenzo.

La mission de cette délégation prend fin ce vendredi à Lomé après une conférence de presse prévue pour se tenir dans la matinée. Sauf que vers minuit, les membres de la délégation ont été interpellés à leur hôtel au quartier Gbadago. Selon les premières informations recueillies, leurs portes ont même été défoncées vers minuit par une dizaine d’hommes qui se sont présentés comme des policiers et eux-mêmes conduits à la direction de la police judiciaire.

Les activistes de ‘Africans Rising’ seront libérés quelques heures plus tard, à l’aube du vendredi, autour de 05 h GMT. Ils ont maintenu la conférence de presse.

Le Togo est secoué depuis mi-Août par une série de protestations inédites contre le régime de Faure Gnassingbé dont la famille est au pouvoir depuis 50 ans. Des centaines de milliers de manifestants sont descendus dans la rue ces dernières semaines pour demander un retour à version originelle de la Constitution de 1992, modifiée entre temps et unilatéralement par le pouvoir. Derrière ces protestations qui ont fait déjà plusieurs morts se cache un enjeu : la fin d’un régime qui s’est installé par coup d’Etat militaire depuis 1967.

Le Mouvement Africans Rising (Les Africains se lèvent) a été lancé en mai 2017 afin « d’organiser et relier les luttes sociales locales sous ce parapluie, de galvaniser la solidarité avec toutes les luttes africaines. Ce mouvement est attaché à la paix à l’action non-violente », lit-on dans sa charte fondatrice baptisée « Déclaration de Kilimandjaro ».

« Nous citoyens et descendants d’Afrique, dans le cadre du ‘Mouvement les Africains se lèvent’, sommes indignés par les siècles d’oppression ; condamnons le pillage de nos ressources naturelles et minières et le non-respect de nos droits fondamentaux. Nous sommes déterminés à promouvoir à l’échelle de toute l’Afrique, l’Unité et la solidarité, aspiration ultime de tous les peuples d’Afrique afin de construire l’avenir que nous voulons », indique la Déclaration de Kilimandjaro.

« Les 23 et 24 août 2016, deux cent soixante-douze représentants issus de la société civile, des syndicats, des organisations de femmes, des jeunes, des hommes, des personnes handicapées, des parlementaires, des organisations de média et des groupes religieux de toute l’Afrique et de la diaspora africaine se sont réunis à Arusha en Tanzanie et se sont organisés à construire un mouvement panafricain qui reconnaît les droits et libertés de notre peuple », renseigne la charte de Africans Rising.