Dans une interview à CNN ce vendredi, le chef de l’opposition Raila Odinga, qui a boycotté la reprise électorale du 26 octobre, a annoncé que sa Coalition Super Alliance Nationale allait créer une branche chargée de la «désobéissance civile».

« Nous avons notre alliance, qui s’appelle la Super Alliance Nationale, elle est restée une super alliance. Il y a des succursales: premièrement, nous avons une aile parlementaire. Comme vous le savez, nous avons des membres de l’Assemblée nationale et des membres du Sénat. Maintenant, nous créons une autre aile qui est le mouvement de résistance », dit Raila Odinga.

« Nous allons utiliser tous les moyens légaux et constitutionnels pour faire pression sur ce gouvernement afin qu’il fasse ce que nous voulons », ajoute-t-il.

Mais Raila Odinga précise que ce mouvement qui « sera essentiellement impliqué dans la désobéissance civile, la résistance civile » n’est pas un mouvement armé. Cependant la crainte est grande que des confrontations violentes s’intensifient entre les adeptes d’Odinga et ceux de Kenyatta. Odinga précise aussi que l’opposition annoncera d’autres mesures ce lundi.

Gouvernement mal élu, futur du Kenya incertain; une élection à faible participation selon Raila Odinga

Les résultats de l’élection boycottée par l’opposition le 26 octobre ne sont pas encore connus. Mais certains observateurs estiment le taux de participation à moins de 40%. Ceci pourrait affaiblir la légitimité du président Uhuru Kenyatta. Raila Odinga lui estime le taux de participation à « à peu près 20% ».  Et d’ajouter que c’est « un vote de défiance envers le gouvernement du président Kenyatta ».

Les observateurs pensent que si Uhuru Kenyatta est proclamé vainqueur de cette élection, il deviendra plus autoritaire. « Sans ressources politiques et à court de performance économique, il va – au moins à court terme – se tourner vers la répression », écrit le spécialiste du droit constitutionnel Wachira Maina dans l’hebdomadaire kenyan The East African.

Avec un gouvernement plus autoritaire et une opposition plus défiante, le moins que l’on puisse dire est que la crise kenyane est loin d’être terminée.