Mercy Mulayi fait partie des 3 filles de sa classe de 16 personnes à Pangea Aviation Academy à Entebbe en Ouganda. Et sur près de 50 personnes qui étudient dans l’Académie, seulement 5 sont des filles.

Si Mercy fait partie des 5 seules filles de l’Académie qu’elle a rejoint en juillet 2016, c’est qu’elle a été préparée à devenir une fille pas comme les autres.

« Ce qui me rend différente, dit-elle, c’est que je cherche toujours les choses difficiles que d’autres ne veulent pas faire ».

Mercy Mulayi pilote
Mercy Mulayi apprend le pilotage avec un instructeur. Auteur photo : Arthur Matsiko

« Aussi, ajoute-t-elle, mon père avait l’habitude de me répéter que je ne devrais pas chercher à me contenter de faire les choses faciles. Tout le monde peut devenir avocat. Tout le monde peut devenir comptable. Mais combien de personnes sont des pilotes? En fait, mon père ne savait jamais que je voulais devenir pilote, mais il m’encourageait toujours à aller au-delà de ce que tout le monde fait. Si vous faites comme tout le monde, me disait-il, vous devenez ordinaire comme tout le monde. Il m’a toujours encouragé à être différent de tout le monde.  De plus, je n’avais aucun intérêt pour ces autres professions comme la comptabilité ou la médecine. C’est essentiellement ça qui m’a poussé à devenir pilote ».

Le bonheur de voler

Mais attendez une seconde, Miss Mulayi n’a-t-elle peur des avions ? Pas du tout. « Mon premier vol était si excitant. C’était trop bien. C’était parmi les meilleurs moments de ma vie ».

« Être dans l’air me procure un sentiment merveilleux. Être capable de contrôler l’avion, mener le vol en toute sécurité et atterrir me fait sentir que je peux vraiment faire quelque chose d’impressionnant. Pour moi, c’est un sentiment beaucoup plus important que conduire une voiture ou faire du vélo. C’est merveilleux. C’est inexplicable ».

C’est en 2015, alors sur le point de terminer ses études secondaires, que Mercy a eu l’idée de devenir pilote. Un pilote avait promis de rencontrer quelques élèves qui seraient intéressés par l’école d’aviation, mais finalement il n’est pas venu au rendez-vous, mais  depuis, le pilotage est devenu chez elle une obsession.

Heureusement, elle a eu le soutien de sa famille. Outre son père, pasteur dans une petite église de Bukoto, une banlieue de Kampala, qui lui a toujours conseillé de se démarquer, sa mère aussi, qui n’a pas fait de grandes études, l’a encouragée à avoir de grandes aspirations.

Mercy Mulayi
Mercy Mulayi en train de piloter. Auteur: Arthur Matsiko

Message à la femme africaine moderne

Mais lorsque mademoiselle Mulayi a dit à ses anciennes amies de classe qu’elle avait rejoint l’école de pilotage, c’était la stupéfaction. « Mes camarades de classe, quand je leur ai dit que j’avais rejoint l’école de pilotage, aucune d’entre elles ne me croyait. Aucune d’entre les 200  filles. Beaucoup d’entre elles ne savaient pas qu’il est possible pour une fille de devenir pilote ».

C’est pourquoi elle invite les femmes à conquérir ces domaines prétendument réservés aux hommes.

« Je voudrais voir plus de femmes prendre conscience et faire ce qu’elles veulent et pas seulement se conformer aux stéréotypes ou à la tradition. J’aimerais que les femmes soient plus concurrentielles dans les  secteurs dominés par les hommes, comme l’aviation, l’ astronomie ou l’ingénierie ».