C’est dans la peau d’un entrepreneur convaincu qui peut réussir que Nimaga Mohamed, togolais d’origine malienne, âgé de 35 ans, s’est lancé dans la mode avec sa propre marque de costumes (N M) attendez Nouvelle Mode. Bien qu’ayant parmi ses clients des célébrités locales et des artistes de la sous-région, il travaille dans l’ombre. Car « pour le moment je n’ai réalisé qu’une partie de ma vision. Le moment viendra pour me faire connaître davantage du grand public », aime-t-il répéter à ceux qui lui posent la question. Malgré tout, il est en train de faire son trou.

Des célébrités togolaises et étrangères parmi ses clients

S’il ne s’en glorifie pas, Nimaga Mohamed n’en demeure pas moins vrai, souligne-t-on, dans certains milieux, qu’il a contribué à donner une meilleure image au groupe Toofan (composé de trois artistes au départ mais aujourd’hui réduit au duo Master Just et Barabas) dont les tubes cartonnent un peu partout. Ces deux artistes ont dans leur garde-robe des collections « N M ». En août 2016, ils sont devenus ambassadeurs de Woodin. Un coup dur probablement pour le promoteur et sa marque.

Parmi les clients de Nimaga Mohamed qui ont au moins une fois porté ses costumes figurent des noms ronflants notamment les artistes togolais du Groupe Phénix, du Collectif Togo Propre, le comédien Gogoligo, El Magnifico, l’artiste gospel Chantre Moutité, Kollins, le rappeur Kanaa, Richer Yaovi Khéteti, Sethlo…

Dans la sous-région, on peut citer le rappeur béninois Cyano-Gêne ; l’ivoirien Molare qui a sollicité ses services lors d’un de ses passages dans la capitale togolaise, son compatriote Ariel Cheney. La liste n’est pas exhaustive.

Contexte de création de « N M »

Nimaga Mohamed est probablement le premier au Togo à lancer sa propre marque, ses propres coupes griffées « N M ». Sa spécificité, les costumes et accessoires. Ses commandes viennent d’Asie.

Tout débute il y a trois ans, lorsque celui qui dit accorder une importance particulière à la qualité  s’est lancé dans la mode pour dit-il, « soigner l’image de la mode et de la culture en général » et surtout inciter les uns et les autres à se procurer des habits de bonne qualité sur place, chez un Togolais disposant sa propre marque. Peu de personnes de son entourage au début ont cru en lui, à cause des grandes marques qui existent également ici et ailleurs et qui font du matraquage médiatique pour rentrer dans les habitudes.

Lui estime que l’habit fait le moine. « S’habiller prend un autre sens plus évolutif et inspiré des exigences de l’heure. S’habiller revient non seulement à adopter un code vestimentaire assez spécial pour arriver à se tailler une image de soi en la matière… Ainsi, on vous reconnaîtra par l’image que vous donnez à travers votre habillement. Vous vous faites démarquer des autres par la qualité de vos vêtements et de ce pas vous vous faites respecter automatiquement. C’est pourquoi il est de bon aloi que chacun de nous adopte un code vestimentaire reposant sur le choix ou le reflet de la personnalité qu’on veut faire paraître à travers des vêtements de qualité et de marque remarquable et expressive ». Et c’est l’objectif que vise la marque authentiquement togolaise, déclare-t-il.

Les nouvelles perspectives

Selon Nimaga Mohamed, « Le monde du prêt-à-porter de nos jours connait sans cesse un essor et se heurte aujourd’hui à de nouvelles exigences pressantes ; ce qui amène à relever autant de défis » notamment en marketing et en communication tout en continuer de travailler sur la qualité des produits proposés aux clients, l’assistance et conseils en terme de choix de vêtements et accessoires.

« Après un demi-siècle de consommation de diverses marques étrangères, qu’il s’agisse de l’original, la contrefaçon ou la friperie, il nous incombe à nous jeunes entrepreneurs africains de transcender cette réalité pour ainsi se hisser dans le concert des créateurs et propriétaires de marques de prêt-à-porter avec une expertise adéquate qui garantit la qualité selon les standards internationaux », se projette-t-il. Il veut comme le pense Fall Touré, styliste togolais vivant en Belgique, faire en sorte que la mode parle une langue universelle, c’est-à-dire que les marques africaines puissent trouver leur place sur le marché mondial.

De toute évidence, ce ne sera pas facile au vu de l’expérience et des ressources considérables dont disposent les grandes marques. De façon générale, elles hésitent encore à aller sur le continent africain. Au Togo, Woodin et Zara se partagent le marché de prêt à porter. Le propriétaire de la marque « N M » est convaincu qu’il peut trouver sa place avec la formule, « dites-nous combien vous avez et nous nous chargeons du reste ».