L’alternance pacifique ! Voilà ce qui est menacée au Liberia avec les derniers développements depuis le premier tour des élections présidentielles. La Cour suprême saisi par le troisième de cette élection pour fraudes massives doit se prononcer lundi. La cour aura le choix de prolonger le processus jusqu’à l’analyse des plaintes ou, remettre tout à plat comme le demande le ‘’fauteur de trouble’’, Charles Brumskine.

Le leader du parti de la Liberté, avec moins de 10% au premier tour, a-t-il un schéma à la Kényane en tête où Raila Odinga a fait annuler le vote par la cour suprême de son pays ? Ou alors, orchestre-t-il une machination en concert avec les ennemis de l’alternance pacifique au Liberia ? Une chose est évidente, le second tour prévu pour ce 7 novembre ne tiendra pas. Le déploiement du matériel a été suspendu par la commission électorale depuis le début de la crise.

Embuscade pour une élection de George Weah ou contre l’alternance pacifique au Liberia ?

Les deux thèmes semblent plausibles car l’un entraine l’autre dans tous les cas. Depuis ses premières intentions déclarées en 2005, puis 2011, George Weah semble faire peur à certains. Si l’ex-footballeur, favori du jeu, s’est tu lors des précédentes échéances où sa victoire « a été volée », selon ses mots, va-t-il se taire pour cette fois ? Avant ces élections « Mister George » était un homme sûr et serein. Il pouvait déclarer « cette fois, personne ne peut me battre !» Excès de confiance ou expression d’un sentiment palabre ?

L’alternance pacifique est menacée au Liberia dans tous les cas. L’embuscade en cours reçoit le soutien du deuxième du processus, Joseph Boakai du parti de l’Unité. Chose curieuse car, arrivé deuxième, le candidat de l’Unité n’avait pas introduit de recours en annulation. Il soutien plutôt un troisième candidat sorti de la compétition. A qui profite le « crime » se demande-t-on. George Weah, l’homme qui doit se sentir visé ne doit pas aussi oublier, que quelle que soit la décision de la cour suprême, l’essentiel serait de continuer à « préserver la paix et la stabilité de la paix », comme il a su le faire jusqu’ici, à l’en croire. Le respect des institutions de son pays le rendrait plus grand et sortira le Liberia de ce piège. L’alternance pacifique doit se faire au Liberia. Mais pas n’importe comment sur fond de tricherie et de coup de force non plus.  Ellen Johnson Sirleaf encore présidente du pays doit y travailler dur. Et le reste de l’Afrique ne peut pas être simple spectateur de ce qui se joue au Liberia.