Dans un billet sur la démocratie en Afrique, le blogueur Jean-Fraterne Ruyange conclut que « le casse-tête autour des élections est la preuve la plus tangible de l’incompatibilité entre nos us et coutumes et la démocratie ». Et d’ajouter, parlant du Congo : « On comprend alors que la démocratie n’est pas le système politique qui convient aux Congolais. A quoi bon se battre jour et nuit pour une démocratie qu’on ne saura pas adopter ou pour des élections qui ne vont apporter aucun changement ? La kyrielle de journées villes mortes et manifestions que nous impose la démocratie ne fait que nous détourner des vrais défis que nous devrions relever ».

Ce pessimisme gagne du terrain chez beaucoup d’activistes Africains qui sont fatigués de se battre pour une démocratie qui ne vient pas. Mais l’argument selon lequel la démocratie est incompatible aux coutumes africaines a été battue en brèche par l’intellectuel ghanéen George Ayittey, qui a prouvé dans ses livres que dans une grande partie de l’Afrique précoloniale, même s’il n’y avait pas d’élections à l’occidentale, les décisions étaient prises par des assemblées où chacun pouvait dire ce qu’il pense et où on discutait des problèmes du village jusqu’à trouver un consensus.

C’est tout le contraire des nombreuses dictatures d’aujourd’hui sur le continent, qui utilisent les institutions de la police, l’armée, la justice et autres pour imposer leur point de vue au reste de la société et museler les voix discordantes.

Ayittey a prouvé que les systèmes dictatoriaux d’aujourd’hui en Afrique sont hérités de la violence coloniale ou importés de l’Union soviétique ou de la Chine pendant la guerre froide.

Des rapports de force favorables aux dictatures

L’échec de la démocratie dans beaucoup de pays d’Afrique est un problème purement politique. La démocratie échoue parce que les forces anti-démocratiques sont beaucoup plus fortes que les forces pro-démocratie, c’est aussi simple que ça.

Et si la démocratie n’a pas encore marché, la solution n’est pas de l’enterrer. Pour que les choses changent, les forces démocratiques doivent  plutôt intensifier  la lutte, s’unir, apprendre de leurs erreurs et des succès de ceux qui ont réussi, pour essayer de renverser les rapports de force.