Globe-trotter – avant le Togo il est passé par la Namibie, le Zimbabwe, l’Ethiopie, le Malawi, entre autres – Tom Saintfiet, footballeur devenu entraîneur,  a été annoncé en mai 2015 comme nouveau patron des Eperviers. Dans la foulée il signe un contrat de deux avec pour  objectif principal de qualifier les Eperviers pour la CAN 2017 qui avait eu lieu en terre gabonaise en début d’année en cours. Ce contrat sera écourté au profit du Français Claude Le Roy.

En pleine phase des éliminatoires, il est débarqué. Les deux parties parlent d’une rupture à l’amiable. Sauf que le principal intéressé n’a pas fini de digérer cette parenthèse de sa carrière, jusqu’aujourd’hui. Dans un entretien qu’il vient d’accorder à un site togolais d’informations sportives, il se vide, taclant par-ci, donnant un carton jaune par-là.

Claude Le Roy recruté sur une « décision politique »

Le Belge Tom Saintfiet n’a pas, visiblement,  aimé les conditions dans lesquelles il a quitté le Togo. A l’époque, il n’avait rien dit. Mais aujourd’hui il charge particulièrement son successeur dans une interview publiée le 7 novembre 2017 sur www.africatosports.com. Selon lui, Claude le Roy a été recruté sur « une décision politique ».

« Au Togo, j’y ai travaillé 14 mois. J’ai connu 3 présidents de fédération et 2 ministres des Sports. J’ai compris à la fin que c’était un choix politique pour Le Roy. J’ai eu 6 points sur 6 avant Tunisie, Liberia et Djibouti (éliminatoires CAN 2017). J’ai gagné toutes mes rencontres et Le Roy était déjà dans le stade en Tunisie pour prendre ma place », rappelle-t-il, comme pour dire qu’il a fait mieux que lui.

« On m’a expliqué qu’une entreprise française installée au Togo le voulait comme entraineur, pas parce que je faisais du mauvais travail »

Révélation, tacle…

Qui a décidé du choix de Claude Le Roy ? Cette question peut paraître, a priori, banale. Mais pour peu que l’on s’y intéresse, on comprend que la question revêt toute son importance. En effet, dans l’ordre normal des choses, c’est à la Fédération togolaise de football de trouver le sélectionneur qu’elle juge capable de répondre à ses  objectifs. Si le profil est trouvé, elle s’en réfère à son ministère de tutelle pour la finalisation des autres détails.

Mais, tout porte à croire que le cas du technicien Français Claude Le Roy a suivi une autre procédure. Des médias locaux ont soulevé cet aspect un peu particulier, certains l’ont fustigé. De ce contexte, ont émergé des polémiques liées à l’identité de son vrai recruteur.

Avec cette sortie médiatique de l’ancien sélectionneur des Eperviers du Togo, on a la confirmation que c’est une société étrangère qui serait allée chercher Claude Le Roy. « On m’a expliqué qu’une entreprise française installée au Togo le voulait comme entraineur, pas parce que je faisais du mauvais travail », a révélé son successeur Tom Saintfiet. C’est pour la première fois que quelqu’un évoque publiquement ce que beaucoup de personnes au Togo murmuraient depuis. Un secret de Polichinelle en somme. Mais quelle société française a recruté Le Roy pour le Togo ? Personne n’ose encore franchir le pas et la citer publiquement.

Tom Saintfiet
To Saintfiet, ancien sélectionneur des Eperviers du Togo et prédécesseur de Claude Le Roy.

Et de revendiquer la qualification du Togo à la dernière compétition panafricaine. « J’aurais pu qualifier le Togo pour la CAN 2017. J’ai gagné contre le Libéria et Djibouti, Le Roy a fait match nul contre le Libéria et a seulement battu Djibouti alors je pense avoir eu de meilleurs résultats que lui. Les 19 derniers mois le montrent clairement », enfonce Tom Saintfiet.

Cet aspect de ses déclarations est passé presqu’inaperçu chez beaucoup dans le pays. Elles renseignent sur le fait que le Belge n’a pas aimé les conditions de son part  du Togo. De plus, elles viennent aussi apporter de l’eau au moulin de ceux qui, depuis plusieurs mois, font pleuvoir un torrent  de critiques sur le Français et consultant du groupe Canal +, pour manque de résultats.

Depuis son départ, titille Tom Saintfiet, « le Togo a gagné un match officiel contre Djibouti. Et ça avec un championnat et beaucoup de matchs amicaux. Que dire de plus ? ».

Le palmarès de Tom Saintfiet

Vainqueur de la Coupe Kagame inter-club 2012 avec le club des Young Africans

Troisième de la Coupe d’Asie des nations des moins de 16 ans 2004 avec l’équipe du Qatar des moins de 17 ans

2009: Élu Meilleur entraineur de l’année par la Ligue Namibienne de Football

2008: Élu Meilleur entraineur de l’année par la Ligue Namibienne de Football

2008-2010: La Namibie a grimpé de 30 places au classement FIFA

2008 et 2009: 1/4 de finale de Coupe COSAFA (Afrique du Sud)

2005: Qualifié pour la Demi-finale de la NFV-Cup (Allemagne)

2005: Vainqueur de Coupe Mac Donald’s (Allemagne)

2005: Qualifié en 2005 pour la Coupe du monde des moins de 17 ans

2004: 3e position (Médaille de Bronze) en 2004 au Championnat d’Asie des moins de 17 ans au Japon en septembre 2004.

2002: Vice-champion et médaille de bronze (Ile Féroé)