Dans une interview donnée à Al Jazeera, le président ghanéen Nana Akuffo-Addo a laissé entendre que s’il y a suffisamment de pression, le pays pourrait légaliser l’homosexualité. Une position a déplu à beaucoup de Ghanéens, qui considèrent que dans aucun cas le pays ne devrait légaliser cette pratique.

Répondant à une question de la journaliste Jane Dutton, qui lui demandait pourquoi l’homosexualité reste illégale dans son pays, Nana Akuffo-Addo a répondu ceci :

«C’est une question sociale et culturelle, je ne crois pas qu’au Ghana, une coalition suffisamment forte ait émergé pour avoir un impact sur l’opinion publique qui dira:« changez ça, allons maintenant avoir un nouveau paradigme au Ghana ».

« Pour le moment, je ne me sens pas, je ne vois pas qu’au Ghana il y a un fort courant d’opinion qui dit que c’est quelque chose que nous devons traiter. Ce n’est pas une question à l’ordre du jour», a-t-il ajouté.

Son prédécesseur était ferme

Cette réponse modéré n’a pas convaincu les Ghanéens, qui restent largement conservateurs sur les questions liées aux mœurs. Sur les réseaux sociaux et sur les radios locales, cet ancien avocat est accusé  d’encourager indirectement les homosexuels, qui vivent très discrètement au Ghana, à réclamer leurs droits.

Ils l’accusent surtout de ne pas être aussi ferme que son prédécesseur John Dramani Mahama, qui disait sur la même question en 2016 : « Mon pays est un pays laïc, composé de chrétiens, de musulmans et de croyants traditionnels, aucune de ces sectes n’acceptant l’homosexualité et le lesbianisme, je ne peux pas accepter ces cultures sur la base des droits de l’homme. »