Lors d’une réunion communautaire organisée à la suite de l’arrestation de quatre présumés auteurs de cannibalisme (Nino Mbatha âgé de 32 ans, Lindokuhle Masondo âgé de 32 ans, Sthembiso Sithole âgé de 31 ans et Lungisani Magubane âgé de 30 ans), 300 personnes à peu près ont avoué avoir inconsciemment consommé de la chair humaine.

Selon News 24, les quatre accusés ont comparu devant le tribunal le 20 août à Estcourt pour répondre des chefs d’accusation de meurtre et d’association de malfaiteurs dans le viol, le meurtre et la mutilation d’une femme et la consommation de la chair de cette dernière.

Selon nombre de rapports, un des suspects se serait rendu dans un poste de police le 18 août en possession de parties du corps humain, dont une jambe et une main, et aurait avoué qu’il était « las de consommer de la chair humaine ».

Le porte-parole de la police du KwaZulu-Natal, le colonel Thembeka Mbhele, a déclaré que Mbatha, un des présumés cannibales qui exerce aussi le métier de médecin traditionnel, avait été arrêté à Amangwe, où l’on avait trouvé d’autres parties du corps humain.

Ce qui est plus effrayant encore c’est que des riverains auraient avoué avoir eux-mêmes ouvert des tombes sous les ordres de Mbatha et lui auraient remis les dépouilles déterrées.

Cette révélation a soulevé des polémiques et des interrogations autour du cannibalisme. Le professeur Gérard Labuschagne, psychologue clinicien et ancien chef du département de la psychologie d’enquête des forces de police sud-africaines, a ainsi affirmé que, d’après son expérience, les personnes qui consomment de la chair humaine sont atteintes de troubles mentaux.

« D’après mon expérience et contrairement à ce que l’on a souvent tendance à croire, ça n’a rien à voir avec des rituels muti [crimes rituels] », aurait-il déclaré à News 24.

Chose curieuse, consommer de la viande humaine n’est pas un délit pénal dans le pays. Cependant, la loi sud-africaine sur la santé stipule qu’il est illégal d’être en possession d’un tissu humain quelconque sans l’autorisation de l’autorité ou de l’institution compétente, et que profaner ou mutiler une dépouille mortelle constitue un acte criminel.

En Ouganda, en 2014, Baboola, un cannibale autoproclamé, avait relaté son histoire à Vocativ, commençant par la première fois qu’il avait goûté à la chair humaine alors qu’il n’était encore qu’un enfant.

En 2015, un rapport de l’Union africaine exposait des conclusions troublantes résultant des témoignages de victimes de cannibalisme forcé, de viols collectifs, et de la découverte de fosses communes et de violences atroces. Selon ledit rapport, on avait fait preuve d’une « cruauté extrême en mutilant et en brûlant des corps humains, en vidant de leur sang des personnes qui venaient d’être tuées et en forçant des personnes d’une autre communauté ethnique à boire ce sang ou à manger de la chair humaine brûlée ».

En mars dernier, Fact Check publiait des rapports sur de fausses nouvelles qui avaient circulé à propos de restaurants en Afrique du Sud qui, soi-disant, servaient de la chair humaine aux clients. Bien que le cannibalisme semble être une réalité dans le monde entier, le plus inquiétant c’est le fait de devoir vivre dans la peur de se faire un jour attaqué pour de telles fins, que ce soit par des ritualistes ou par des personnes atteintes d’une maladie mentale.